
PRESENTATION
DU
CTC
par Aek
ADIB (Directeur du
contrôle au CTC Chlef )
INTRODUCTION :
Le
Contrôle Technique de la Construction a été constituée depuis plus d'un
quart de siècle, sa réputation en tant que prestation liée à l’acte de bâtir
est longuement établie et ne nécessite donc qu’un bref rappel.

Avant de parler de notre
mission je vais faire un court rappel sur l’historique de l’apparition
du contrôleur.
Le code civil Algérien dans son
article 554 fait peser sur l’architecte et l’entrepreneur une
responsabilité civile de dix ans pour les ouvrages et les édifices
qu’ils réalisent, il stipule en effet.
« L’Architecte
et l’Entrepreneur répondent solidairement pendant dix ans, de la
destruction partielle ou totale des travaux de construction immobilière
et des ouvrages permanents, et ce, alors même que la destruction
proviendrait de vices de sol ».
Cette
mesure débouchant sur une responsabilité trop lourde à assumer, le
Ministère des Travaux Publics et de la Construction par circulaire du 10
Mai 1967 a rendu obligatoire l’assurance en matière de responsabilité
civile.
De cette obligation sont
apparus deux nouveaux interlocuteurs : l’assureur et le contrôleur
technique. Apparition simultanée, l’un étant la condition de l’autre.
Plus exactement c’est en 1971,
avec la promulgation de l’ordonnance N° 71-85 bis du 29 Décembre 1971
que le CTC national a pris naissance et a progressivement supplanté la SOCOTEC.
Quelques
mots sur l’exercice du Contrôle Technique :
Son principal objet est la
normalisation des risques liés essentiellement à la fonction solidité,
il s’exerce d’abord sur les documents de conception ensuite sur les
travaux d’exécution ce qui concrètement, se traduit par :
1)- Un examen et un
visa des plans d’exécution.
2)- Un contrôle de
l’exécution formalisé par des procès verbaux.
3)- Une délivrance
d’attestation de contrôle aux fins de garantie décennale.
4)- Un établissement
de rapports périodiques :
a - Rapport d’examen préalable.
b - Rapport de fin de travaux.
Certaines particularités
méritent d’être précisées :
1)- Le contrôleur
n’est pas un constructeur mais un consultant qui émet des avis.
2)- Ensuite il est
sans pouvoir de contrainte vis-à-vis du reste des intervenants dans
l’acte de bâtir.
3)- Enfin l’étendue
de son intervention est généralement limitée au contrôle du gros œuvre
et de l’étanchéité.
Pour ce qui de la stratégie de
développement, le contrôle étant un domaine d’action dynamique très
large, le CTC peut répondre à des besoins nouveaux et développer des
activités complémentaires à la mission traditionnelle.
Je
citerai :
1)- Expertises
d’ouvrages.
2)- Assistance
techniques aux maîtres d’ouvrages, aux bureaux d’études et aux
Entreprises.
3)- Etudes de
renforcements.
4)- Activités de
laboratoire liées à l’objet social.
Cela étant, certaines analyses
méritent d’être évoquées.
- Etendue du contrôle CTC :
De façon plus générale, les
exigences des maîtres d’ouvrages et surtout des usagers croissent
rapidement, eu fur et à mesure que s’améliore le niveau de vie, les
performances minimales exigées initialement des ouvrages construits au
seul titre de leur stabilité, s’étendent très vite à l’ensemble des
autres corps d’état, il faut reconnaître qu’ils sont actuellement source
de nuisances de différente nature empêchant une exploitation sans gène
des constructions.
- Contrôle CTC et Economie :
Un facteur prédominant est le
coût de la construction et à ce propos je voudrais lever une ambiguïté :
dans l’intervention du CTC on demande de plus en plus fréquemment
l’optimisation des structures. Or l’organisme de contrôle intervient
tout à fait à l’aval de la conception et généralement au moment du
lancement des travaux. A cette étape, la seule optimisation possible est
celle qui concerne les détails.
Sauf étude grossière
franchement mal faite, une optimisation a des conséquences négligeables
car elle est prise entre deux contraintes majeures, d’une part un
dossier d’exécution immuable d’autre part le démarrage des travaux qui
ne peut souffrir de prolongation de délais.
- CONTROLE CTC ET QUALITE :
Pour ce qui est de la qualité,
il faut préciser qu’elle n’est pas un résultat gratuit ni un fruit du
hasard. La qualité se cultive et se gère et elle dépend de tous.
Concrètement pour un maître d’ouvrage rechercher la qualité c’est
d’abord choisir ses partenaires.
La pratique qui consiste à
désigner un bureau d’études, puis une entreprise avec comme seule
préoccupation de lancer l’opération, et d’envoyer par la suite le
contrôle de la sécurité et de la qualité au niveau du bureau de contrôle
dont on attend qu’il assume la totale couverture n’est certainement pas
la bonne démarche.
- CAS DE L’AUTO CONSTRUCTION :
En ce qui concerne l’auto
construction le constat est que malheureusement dans la majorité des cas
les autos constructeurs pour des raisons financières considèrent
l’intervention de l’ingénierie en général, du laboratoire de sol et du
contrôle en particulier comme superflu.
Ce comportement ne peut
s’expliquer que par l’ignorance de la valeur réelle des études, du
contrôle et leur incidence sur les projets. Il n’est pas envisageable
d’imposer à tous les auto-constructeurs une obligation d’assurance, mais
un minimum de consensus doit être obtenu pour qu’une telle mesure trouve
sa meilleure forme.
Cette allusion à
l’auto-constructeur vise à encourager une réflexion à ce sujet.
- LA RESPONSABILITE DU
CONTROLEUR :
Pour ce qui est de la
responsabilité du contrôleur dans l’état actuel des choses il n’existe
pas de texte de lois. Cette caractéristique n’est pas propre à
l’Algérie. En France, par exemple, il a fallu attendre la loi de 1978
pour voir les organismes de contrôle assujettis à la prescription de
responsabilité.
C’est donc l’évolution de cette
mission de contrôle, et la part qu’elle s’octroie dans la réalisation
des ouvrages qui exige aujourd’hui qu’elle soit responsabilisée à
l’image de l’architecte et de l’entrepreneur.
Tous les intervenants dans
l’acte de bâtir s’accordent sur la nécessité de perfectionner les
dispositifs et les procédés propres à permettre d’assurer une meilleure
qualité de la construction et une meilleure sécurité des personnes.
Le contrôle technique assuré
par le CTC n’étant qu’un maillon de ce dispositif, nous estimons que
seule une réflexion globale intégrant simultanément toutes les
professions définissant clairement le rôle et la responsabilité de
chacun (maître d’ouvrage, architecte, bureau d’études, entreprises,
fabriquant de matériaux) est susceptible d’apporter une solution durable
et efficace, sans oublier l’exigence incontournable de l’existence en
amont d’une réglementation appropriée au contexte économique actuel et
en aval, l’existence d’une assurance à actualiser et à adapter aux
activités et aux techniques développées.

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