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L’Etendue du Contrôle
Technique
Présentée par Aek
ADIB
(Directeur du
contrôle au CTC Chlef )
-
INTRODUCTION :
Vu l’importance du thème à traiter,
il nous paru utile de rappeler brièvement au préalable les méthodes et les
moyens mis en œuvre pour l’exerce de la mission de contrôle technique des
constructions et des difficultés rencontrées.
- ETENDUE DE LA GARANTIE DECENNALE :
Les désordres couverts par la
garantie décennale des constructeurs sont ceux qui compromettent la solidité
de l’ouvrage ou l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un
de ses éléments d’équipement, la rendent impropre à sa destination.
- ETENDUE DU CONTROLE TECHNIQUE DES CONSTRUCTIONS :
La nomenclature des ouvrages soumis
au contrôle est définie selon l’arrêté ministériel du
22 juillet 1975 comme suit :
1)- Tous types de bâtiments :
a - Habitations, Industriels,
Scolaires.
b -
Administratifs,
Culturels, Sportifs, etc…
2)- Ouvrages d’art :
a - Ouvrages de franchissement.
b - Ouvrages d’accumulation.
c - Ouvrage de retenue (à
l’exclusion des barrages).
3)- Ouvrages exceptionnels :
a - Cheminées, tours, pylônes.
b - Ouvrages spéciaux
(fondation des tours, des bacs, etc…)
Liste de lots concernés par le contrôle
technique de la construction définie par la circulaire N° 19/76 du 15 Avril
1976.
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Lots concernés |
Définition de l’étendue de contrôle de normalisation |
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Ouvrages extérieurs |
Soutènements.
Passages.
Galeries.
Réservoirs.
Châteaux d’eaux etc… |
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Fondations |
Tous types de
fondations |
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Structures
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Structures
horizontales : poutres, planchers, longrines.
Structures
verticales : poteaux, voiles, murs porteurs.
Escaliers. |
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Façades |
Façades légères et
menuiseries extérieures.
Façades traditionnelles
préfabriquées en matériaux lourds. |
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Couverture étanchéité |
Toitures, terrasse,
couvertures tous types.
Etanchéité tous types. |
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Cloisonnements
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Cloisons de
distribution et de doublage. |
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Garde corps Allégés |
Stabilité.
Durabilité. |
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Revêtement |
Revêtement de plafond :
plafonds suspendus.
Revêtement de sols :
carrelage.
Revêtement
de murs intérieurs sauf peinture et papier peint. |
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METHODOLOGIE DU CONTROLE TECHNIQUE :
L’activité du Contrôle Technique de
normalisation des risques s’exerce en 2 phases :
1)- La
première phase consiste à l’examen des documents graphiques relatif à la
conception.
2)- La deuxième phase consiste à
assurer la conformité des travaux réalisés par rapport aux documents graphiques approuvés.
1ERE PHASE :
CONTROLE DE LA CONCEPTION :
Pour pouvoir formuler un
avis judicieux sur les dispositions envisagées et la faisabilité de
l’ouvrage, le contrôleur doit examiner les documents graphiques suivants :
1)- Dossier d’exécution,
2)- Dossier d’architecture,
3)- Plans d’implantation,
4)- Plans des terrassements et de
drainage,
5)- Lève topographique.
L’examen du dossier d’architecture
permet de déceler les incohérences éventuelles qui pourraient être à
l’origine des désordres liés à :
1)- L’environnement :
risques dus à la proximité d’existants, la proximité d’atmosphères
agressives, etc…
2)- L’Implantation ou le site :
inondations, accumulations de sable sur les terrasses, gonflement de
terrain, etc…
3)- La conception
architecturale :
Maille irrégulière, éléments non superposés, portées importantes,
distribution intérieure, etc…
L’examen du dossier d’exécution doit
porter sur les parties ou éléments sensibles de l’ouvrage pour s’assurer
notamment :
1)- Que les dispositions retenues dans
l’étude constituent bien une réponse satisfaisante à toutes les
interrogations soulevées lors de l’examen du dossier d’architecture.
2)- Que les hypothèses définies dans
les cahiers des clauses techniques ont été bien observées.
3)- Que les cas de charges pouvant
s’avèrent déterminants pour la stabilité ou le dimensionnement des ouvrages
ont été pris en considération.
4)- Que la modélisation retenue des
structures, servant de base pour les justifications à envisager, et assez
représentative de leur comportement réel.
5)- Que les justifications ont été
menées selon les règles en usage et les dispositions constructives qui y
sont prescrites ont été respectées.
6)- Que la faisabilité des ouvrages et
assurée.
L’exercice de l’activité de
contrôle technique N.R des ouvrages n’exige pas la vérification systématique
de tous les éléments. Mais le contrôle doit s’exercer sur un nombre
restreint névralgique choisi judicieusement par le contrôleur et qui doivent
faire l’objet d’un examen approfondi.
Ces éléments sont déterminés en
fonction :
1)- Importance de leur rôle dans la
stabilité et résistance de l’ouvrage.
2)- Importance de leur nombre
présentant de ce fait un risque potentiel en cas de sinistre.
Les autres éléments sont jugés par
comparaison avec ceux déjà examinés.
D’une manière générale, cette phase
de contrôle vise toutes les opérations de contrôle permettant au stade de la
conception et par référence aux textes règlementaires en vigueur de
s’assurer de la validité des dispositions adoptées par l’auteur du projet.
Par ailleurs, cette phase de
contrôle de la conception nécessite le recours au préalable à des essais
expérimentaux pour vérifier la véracité des hypothèses et justifications
retenues.
A titre indicatif on peut citer :
1)- Test de la précontrainte.
2)- Essais expérimentaux sur les
composants structuraux préfabriqués.
3)- Essais expérimentaux sur les
procédés nouveaux.
4)- Essais sur les pieux, etc…
2EME PHASE :
CONTROLE DE L’EXECUTION :

Cette phase de contrôle de
l’exécution est une action conduite par sondage à la demande du contrôleur.
Le contrôle de l’exécution est basé sur l’observation et l’analyse des
quantités mesurables et les paramètres fondamentaux d’un ouvrage.
1)- Comparaison entre les plans
approuvés et les parties réalisées des ouvrages.
2)- Examen des fouilles des fondations.
3)- Qualité des matériaux et la mise en
œuvre.
4)- Méthode et procédés d’exécution.
Le contrôle de l’exécution est complété
par des contrôles des résultats des essais.
- ESSAIS PREALABLES OU JUSTIFICATIFS :
Ces essais relèvent directement de
la validité des dispositions constructives. Essais de sols/essais sur
pieux/essais de convenance de bétons etc…
- ESSAIS DE VERIFICATION :
Ces essais permettent d’assurer la
continuité des caractéristiques des éléments. Ce sont des essais renouvelés
selon une fréquence à définir par le contrôleur en accord avec l’esprit de
textes des références en vigueur.
Ce contrôle par sondage de l’unité
d’examen serait réputé exercé si les conditions suivantes seraient bien
satisfaites.
A - Détermination judicieuse ces unités
d’examens :
Il s’agit de former des
regroupements d’éléments d’ouvrages ayant :
1)- Similitudes
et simultanéités d’exécution.
2)- Similitudes de conception.
3)- Similitudes de phases de
construction.
B - Choix approprié de l’effectif de
sondage :
Ce sondage représente un
nombre limité d’éléments à considérer parmi un ensemble d’éléments d’ouvrage
devant faire l’objet d’une action de contrôle normale. Il doit être
fonction :
1)- Nature de l’intervention :
a- Fondations,
b- Structure,
c- Second œuvre,
2)- Caractère de l’élément d’ouvrage concerné :
a- Complexité de mise en œuvre,
b- Nature de fabrication,
c- Qualité constatée de
l’exécution
Les incohérences éventuelles
relevées lors de l’examen du dossier de conception pourraient contribuer à
facilité la recherche de l’unité d’examen dont il serait défini l’effectif
du sondage.
Si le résultat de cette
intervention s’avèrerait positif, on peut considérer que la qualité
d’ensemble de l’exécution est satisfaisante.
Dans le cas contraire, il est impératif
d’engager un sondage complémentaire.
- POINTS PARTICULIERS DU CONTROLE DE
L’EXECUTION :
A)- Opérations de coffrage :
□
Attention au
contreventement des étais :
Bien que le contrôle des travaux
d’étaiement soit généralement exclu de nos missions par nos conventions,
attention au contreventement des étais, spécialement lorsqu’il s’agit
d’étais de grande hauteur ou d’étais raboutés.
Pour assurer un contreventement
efficace, des lisses horizontales ne suffisent pas, il convient de disposer
des éléments inclinés (diagonales). Des accidents graves ayant entraîné des
dommages corporels se sont produits par suite de la méconnaissance de ces
principes.
Pour les ouvrages spéciaux (grande
hauteur, fortes charges), les dispositions des étais et de leur
contreventement doivent faire l’objet d’études et de plans.
□
Attention au coffrage
des articulations et des joints de dilatation :
Celui-ci nécessite un soin particulier.
□
Utilisation des
coffrages glissants :
Voir : « recommandations pour la
conception et l’utilisation des coffrages glissants » Annales I.T.BTP, fasc.
281, Mai 1971, S.5647).
□
Attention spécialement :
a - A la confection et à la qualité
de mise en œuvre du béton.
b - A l’épaisseur minimale (13 cm).
c - A la cadence des opérations qui
est telle que certaines fois, les exécutants ne mettent pas en place
correctement les armatures horizontales.
B)- OPERATIONS
DE BETONNAGE :
Attention :
1)- Aux compositions granulaires trop
théoriques,
2)- Aux
compositions granulaires variables (chantiers mal outillés).
3)- A l’excès d’eau,
4)- A la ségrégation due à l’excès de
vibration,
5)- Aux défauts résultant de
ferraillage trop denses.
6)- A l’absence – sinon de (« cure » -
tout au moins de protection contre une dessiccation trop rapide (chaleur ou
vent).
En cas de doute sur la qualité des
bétons en œuvre (résultats d’essais systématiquement insuffisants,
apparences défectueuses généralisées), ne pas hésiter à exiger des essais
par auscultation sonique.
Veiller à ce que l’on n’utilise que
des adjuvants agréés par la COPLA et que les instructions du mode
d’emploi soient scrupuleusement suivies.
C)- OPERATION DE FERRAILLAGE :
Attention à la position des
armatures à la partie supérieure dans les éléments en porte-à-faux
(balcons, auvents).
Pour que les armatures soient bien
à la partie supérieure:
1)- il faut qu’elles
soient soutenues et fixées sur les poutres de rive présentant un
ferraillage rigide (armatures supérieures et cadres).
2)- il faut qu’elles soient
également soutenues à leurs extrémités et éventuellement en position
intermédiaire par des « chaînages » (les façonniers d’armatures
livrent actuellement des « chaînages » préfabriqués à 3 ou 4
armatures longitudinales réunies par des cadres ou des spires), ou
par tout autre dispositif de même efficacité.
En cas de doute sur la position de
ces armatures ne pas hésiter à faire des vérifications au pachomètre (dans
certains cas, la position défectueuse des armatures, en provoquant la
rupture des porte-à-faux, a entraîné mort d’homme).
□
DISPOSITION DE FERRAILLAGE DES
CONSOLES :
Pour armer efficacement le nez des
consoles, il est bon de disposer à la partie supérieure de celles-ci des
armatures – de diamètre limité – bouclées à plat et suivant à faible
distance le parement du contour de la console.
Les barres de diamètre relativement
important avec crosses dans des plans verticaux risquent, en effet, de ne
par armer efficacement le nez des consoles et d’être insuffisamment ancrées
dans le cas de charges localisées à l’extrémité de celles-ci.
□
ANCRAGES DES ARMATURES TENDUES :
Vérifier la conformité avec les
dispositions des plans qui doivent elles-mêmes être prévues pour assurer la
transmission correcte des efforts.
□
RECOUVREMENT DES ARMATURES TENDUES :
Même vérification que ci-dessus.
Veiller aux coutures transversales dans la zone des recouvrements.
□
FACONNAGE DES ARMATURES :
Veillez au cintrage des barres
suivant des rayons de courbure suffisants.
□
DISTANCES D’ENROBAGE :
L’insuffisance des
distances d’enrobage des armatures est à l’origine de sinistres nombreux de
gravité variable.
Attention en particulier : aux
conditions d’enrobage des éléments extérieurs, spécialement dans les
constructions exposées (proximité de la mer, zones industrielles en
atmosphère agressive).
Ne pas tomber dans l’excès inverse,
car les distances excessives des armatures aux parements dans les zones
tendues favorisent la formation de fissures relativement ouvertes.
Importance de la qualité (bonne
compacité) du béton.
□
INVERSIONS DE FERRAILLAGE :
1)- Attention aux inversions de
ferraillage (cas des radiers, des poteaux à armatures
dissymétriques, des éléments en porte-à-faux).
2)- Se méfier des pliages et
dépliages intempestifs des barres, notamment des barres en attente.
3)- Ne pas admettre en principe
de telles manipulations avec d’autres armatures que celles en Fe E
24.
□
MISE EN PLACE D’ARMATURES
PREFABRIQUEES :
Dans certains nœuds de ferraillage,
la mise en place « d’armatures préfabriquées », c’est-à-dire d’ensembles de
barres coupées de longueur et constituant, avec les armatures transversales,
le ferraillage complet de poutres ou de poteaux, ne se fait pas sans
difficultés.
Veiller à ce que le personnel de
chantier n’y procède pas en utilisant des moyens brutaux
(coups de masse), souvent au détriment du positionnement correct de même de
l’intégrité des barres. Dans certains cas, un démontage partiel des
ensembles préfabriqués est nécessaire.
□
OPERATIONS DE DECOFFRAGE :
Elles doivent être progressives :
Dans les éléments en porte-à-faux
de grande portée, commencer l’enlèvement des étais par ceux de l’extrémité
libre et terminer par ceux voisins des sections d’encastrement (et non
l’inverse).
Ne procéder au décoffrage et
surtout à l’enlèvement des étais que lorsque le béton présente des
résistances suffisantes (d’où l’intérêt du contrôle de la résistance par des
éprouvettes conservées dans des conditions climatiques voisines de celles de
l’ouvrage), et dans le cas de certains éléments en porte-à-faux que lorsque
les charges ayant un effet stabilisateur sont effectivement appliquées.
□
CAS DES CONSTRUCTIONS EXPOSEES AUX
INTEMPERIES :
1)- Respect des distances d’enrobage.
2)- Veiller à la bonne compacité du
béton.
□
CAS DES CONSTRUCTIONS EN LIEU
SPECIALEMENT AGRESSIF :
Les indications suivantes ne
concernent que les travaux de béton armé (et non ceux de béton
précontraint).
|
Sulfates (notamment SO4
Ca et SO4 Mg |
emploi par ordre d’efficacité croissante |
|
(La
présence de sulfate est assez fréquente en certains sites,
elle peut être très facilement décelée à l’aide d’une
solution de chlorure de baryum qui donne un précipité blanc
de sulfate
de baryum). |
- Ciment de
Fer
- Ciment
pouzolanique
- Ciment
riche en laitier
- Ciment
alumineux
|
|
Eau de mer (particulièrement dangereuse dans les zones
d'amarrage) |
-
emploi de
Ciment riche en laitier
-
Ciment
pouzolanique
|
|
Eau très pure |
-
emploi de
Ciment pouzolanique
-
Ciment
alumineux
|
|
Matières organiques: Huile, glycérine, benzol, Savons,
sucres, lait et petit, Lait (acide lactique), Eaux d’égout,
matière chimiques, Urines. |
-
emploi de
ciments à faible teneur en chaux
-
ciment
alumineux souvent recommandé mais étude à faire de cas
en cas (consulter les spécialistes).
|
Dans tous les cas la protection
contre la corrosion du béton doit être, en premier lieux, une haute
compacité (impliquant granulométrie étudiée et serrage efficace).
De plus, les contraintes des
armatures doivent éventuellement être limitées pour réduire les risques de
fissuration du béton.
□
ACTION DU GEL :
Les basses températures retardent
et même peuvent arrêter complètement le durcissement des bétons.
Dans le premier cas, les bétons
peuvent, après la période de froid, reprendre une résistance quasi normale.
Dans le second cas, si l’on n’a pas
pris de précautions spéciales, il faut envisager la démolition du béton non
durci.
Il est cependant possible de
bétonner par temps froid, moyennant certaines précautions.
C O N
C L U S I O N :
Le contrôle technique des
constructions est une action exercée par sondages à caractère purement
statistique. Cette action de contrôle est à différencier des autres actions
assumées par les divers partenaires qui présentent un caractère plus ou
moins déterministe.
Il s’agit des actions suivantes.
a - Auto contrôle : Entreprise,
bureaux d’études.
b - Suivi : maître d’œuvre.
c - Surveillance : maître de
l’ouvrage ou délégué.
Si chaque intervenant accomplirait
parfaitement la mission qui lui a été confiée, le niveau de qualité de
construction devrait en principe accuser une évolution positive. Il est
évident que la qualité d’exécution des ouvrages demeure tributaire de :
a - La qualification de tous les
partenaires,
b - Degré de collaboration entre les
divers partenaires,
c - Efficacité et célérité dans les
interventions de chacun.
L’amélioration de la
qualité de la construction est une affaire de tous les partenaires.

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